La domotique séduit les seniors
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La domotique séduit les seniors

 
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La solution d’assistance SmartLife Care de SwisscomSite web de DomoSafetyEvolution future de la population suisse selon l’OFS

Laurent Seematter (texte), 11 février 2016

D’ici à 2030, il y aura en Suisse 2,2 millions de personnes âgées de 65 ans ou plus pour une population totale de 9,5 millions d’habitants selon un scénario établi par l’Office fédéral de la statistique. Cette évolution soulève de multiples questions: Allons-nous accélérer la construction de résidences pour personnes âgées? Notre société est-elle capable d’en assumer les investissements? Et qu’en est-il de la qualité de vie des aînés ainsi coupés de leur environnement familier?

Les solutions de domotique contribuent à la sécurité des personnes âgées vivant seules.

 

 

La domotique prolonge l’autonomie

C’est là qu’entre en jeu la domotique, c’est à dire la maison ou l’appartement intelligent au service de ses résidents: automatiser l’éclairage, l’ouverture des volets ou encore l’arrosage du jardin est un véritable confort pour les personnes à mobilité réduite. Mais la grande révolution est en train de se dérouler dans les services de sécurité et d’assistance à distance. Par exemple le système d’alerte SmartLife Care de Swisscom est constitué d’un petit appareil portable ou d’un bracelet avec bouton d’alarme.

La grande révolution est en train de se dérouler dans les services de sécurité et d’assistance à distance.

«Notre but est d’aider les seniors à vivre à la maison»

Edouard Goupy et Guillaume DuPasquier sont deux entrepreneurs à succès de l’EPFL. Ils développent depuis 2012 un système d’assistance intelligent, qui détecte de manière préventive les problèmes de santé chez les seniors. La solution de DomoSafety, qui collabore avec divers services d’assistance à domicile vaudois et valaisans, est également en service en Allemagne, en Italie, en Belgique et en Corée du Sud.

Guillaume DuPasquier, co-fondateur de DomoSafety, au siège de la start-up à l’EPFL Innovation Park.
Interview avec le co-fondateur de DomoSafety

Chroniques a rencontré Guillaume Pasquier, co-fondateur de la start-up, qui est basée à l’Innovation Park EPFL à Lausanne et a été primée par le «CTI Label» de la Commission de la technologie et de l’innovation de la Confédération Suisse.

Concrètement, comment fonctionne DomoSafety?

Nous faisons installer des capteurs de mouvement sans fil dans l’appartement du client, qui nous permettent d’établir un profil de ses activités. En analysant ces données relayées par le réseau de téléphonie mobile, nous sommes en mesure de détecter des problèmes. Par exemple, si le système remarque que la mobilité se péjore, cela pourrait signifier que le client a besoin d’une consultation médicale ou si le lit n’est plus occupé de manière plus fréquente la nuit, que la personne souffre de troubles du sommeil. Le but principal est de faire de la prévention en amont pour éviter des accidents ou des complications aux conséquences plus graves.

«Le but principal est de faire de la prévention en amont pour éviter des accidents ou des complications aux conséquences plus graves.»


Comment analysez-vous toutes ces données?

Nous avons de l’avance sur nos concurrents dans la mesure où nous avons analysé plusieurs dizaines de milliers de jours d’information depuis plusieurs années et collaboré étroitement avec des centres-médico-sociaux et du personnel soignant sur la base de questionnaires et de travaux de groupe. Ceci nous a permis de mettre en corrélation l’expérience du terrain avec les données de nos capteurs et de créer ainsi des schémas d’interprétation des comportements très fiables. Actuellement, nous sommes en train de développer de nouveaux services en matière de maladies chroniques avec les hôpitaux universitaires de Berne et de Lausanne.

Que se passe-t-il avec les données que vous récoltez?

Dans des situations normales, aucune information n’est partagée. Nous ne transmettons jamais de données détaillées, nous signalons seulement des changements de comportement pertinents pour améliorer le suivi de la personne. Ceci permet donc de garantir la sphère privée. Ces informations et alertes sont donc accessibles via des applications mobiles par les assistants médico-sociaux, les familles ou les médecins et en cas d’urgence par une centrale d’appel.

«Nous avons analysé plusieurs dizaines de milliers de jours d’information depuis plusieurs années.»

Ces capteurs électroniques ne déshumanisent-ils pas l’assistance aux seniors?

Non, nous ne sommes pas un constructeur de capteurs électroniques, mais nous fournissons un service d’assistance clé en main pour les personnes âgées à domicile. Les assistants médico-sociaux ont souvent des difficultés à connaître l’état de santé de leurs clients. Avec DomoSafety, nous leur offrons un nouvel outil qui les aide à évaluer plus rapidement une situation de vie.

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Pouvez-vous vous imaginer de recourir aux services de la domotique pour assurer votre sécurité ou celle de vos proches?

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2 réflexions au sujet de « La domotique séduit les seniors »

  1. Nous vivons un changement sociétal grâce au numérique dans le domaine de la santé après d’autres services distruptifs comme Uber ou Airbnb venant des Etats-Unis. La Suisse a une très bonne carte à jouer grâce à son savoir faire et sa longue expérience du domaine. Unissons nos forces pour faire de la place Suisse un pionnier et un acteur clé de la convergence entre la Santé et le digital.

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