Paternité en Amérique latine: la fin du machisme?
5 min

Paternité en Amérique latine: la fin du machisme?

L’homme nourrit la famille, l’éducation des enfants est l’affaire des femmes, le père représente l’autorité. En Suisse, nous pensons avoir laissé ces stigmates derrière nous. Mais en Amérique centrale, c’est encore une réalité.

«Mon travail dictait ma vie. Je me levais tôt le matin et je rentrais tard le soir. Je ne jouais aucun rôle dans la vie de mes enfants et je n’avais pas de véritable relation avec eux», dit Wilson, un père au Nicaragua. «Quand je me souviens de ma propre enfance, mes parents me viennent à l’esprit. Ils m’ont battu, moi et mes frères et sœurs. Avec leur sévérité, comme ils l’appelaient, ils voulaient nous préparer à la vie. Un homme doit être dur.»

Au Nicaragua, les pères sont souvent peu impliqués dans la vie familiale et l’éducation des enfants qui sont encore largement considérées comme une question de femme. Les hommes sont principalement responsables de la famille pour la nourrir et montrer sa force. Ce comportement fait qu’il leur est difficile de développer une relation émotionnelle avec la famille, surtout avec les enfants. Ce type de comportement, particulièrement dominant au Nicaragua, appelé machisme, implique souvent la subordination des femmes.

Trois membres du réseau Paternité à Estelí.

Les pères empruntent de nouvelles voies

Wilson tient son fils sur ses genoux, ils sont assis sur une grande scène. Le garçon est déguisé en Batman et lit un texte de son livre préféré. Wilson bouge ses lèvres en même temps, comme le font souvent les parents lorsque les enfants ne sont pas encore très habitués à lire. Père et fils se produisent au festival des talents d’Estelí, au nord du Nicaragua. Ils se sont bien préparés pour leur représentation.

Wilson et son fils profitent de leur représentation au festival des talents.

Paternité responsable

Le festival des talents est une manifestation importante pour le Réseau «Paternité responsable», un projet de SOS Villages d’Enfants d’Estelí, au Nicaragua. Le but du réseau est de communiquer aux pères qu’il est également très bénéfique pour eux de passer du temps avec leurs enfants et que la présence du père est importante pour le développement de l’enfant.

«Grâce au réseau, j’ai appris à quel point il est important de passer du temps avec mon enfant», dit Wilson à propos de son expérience avec la «Paternité responsable». Cela l’a amené à adopter de nouvelles habitudes: «J’emprunte des livres et raconte une histoire à mon enfant avant d’aller au lit. Nous avons participé au festival des talents du réseau «Paternité responsable» et lu une histoire ensemble. Cette expérience a encore renforcé nos liens», dit-il.

«J’ai compris que mon enfant est ce qui m’est arrivé de mieux et de plus précieux dans ma vie. Aujourd’hui, je suis plus attentif et présent dans la vie de mon enfant. Je suis à l’écoute de ses sentiments et j’observe ce dont il a besoin. Dès que je rentre du travail, on fait quelque chose ensemble. Je lui fais à manger, nous faisons des bricolages ou nous jouons dehors.»

Chanter, danser ou jouer la comédie: tout est permis sur scène.

Sous les feux de la rampe – ensemble

Le festival des talents de SOS Villages d’Enfants a eu lieu pour la quatrième fois déjà. Des pères, des grands-pères ou des oncles se produisent sur scène avec leurs enfants. Danser, chanter, lire un poème ou jouer la comédie: les talents sont multiples. Ce festival invite les hommes à passer du temps avec leurs enfants et à renforcer leur relation.

Les hommes en Suisse

Le machisme est davantage associé aux sociétés du Sud. Néanmoins, nous ne pouvons pas encore parler d’une répartition totalement équilibrée des rôles en Suisse. Il est vrai que les hommes qui s’occupent de leur famille deviennent plus fréquents et que les emplois à temps partiel sont de plus en plus une option pour les hommes également. Des organisations telles que männer.ch, Vaterverbot ou vaterrechte.ch s’engagent pour l’égalité des droits parentaux entre hommes et femmes.  Or la question du genre et de l’égalité des droits est une thématique de longue date qui est inscrite à plusieurs reprises à l’agenda politique par les deux sexes. Les femmes se battent toujours pour une répartition juste des salaires.

SOS Villages d’Enfants au Nicaragua

L’organisation SOS Villages d’Enfants s’engage à renforcer et soutenir les familles d’Estelí dans le nord du Nicaragua. Dans la mesure du possible, un enfant devrait vivre avec ses parents ou des membres de sa famille. L’offre comprend une école, une crèche et des formations pour les parents. Les enfants qui ont perdu leurs parents ou qui ne peuvent plus rester avec leur famille trouvent un foyer dans un environnement familial au SOS Villages d’Enfants.

Faites don de votre ancien téléphone portable pour soutenir des familles au Nicaragua

Depuis 2012, Swisscom gère des programmes de collecte de téléphones portables sous le nom de «Mobile Aid». Le produit de la vente d’anciens téléphones portables est entièrement reversé à SOS Villages d’Enfants. Au cours des sept dernières années, plus de 650 000 téléphones mobiles ont été donnés par les clients. Depuis deux ans, tous les bénéfices des campagnes de collecte de téléphones portables sont versés à Estelí au Nicaragua.

 

572 villages d’Enfants

SOS Villages d’Enfants est une organisation caritative privée, politiquement et confessionnellement indépendante qui accueille des enfants et des jeunes dans le besoin dans 130 pays et encourage leur développement durable.

En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 réflexions au sujet de « Paternité en Amérique latine: la fin du machisme? »

  1. Extrêmement maladroit ce genre d’article, qui commence par dénigrer un fait social, juste pour tendre la main ensuite. Cette dam pense-t-elle se faire beaucoup d’amis ainsi ?!? Stupide et probablement bine suisse-allemand (excusez, mais c’est une remarque spontanée)

    1. Chère Madame Woringer,
      Merci pour votre commentaire. En tant que Swisscom, on aspire être transparent sur nos partenariats sociaux. Ceci englobe aussi de présenter la situation régionale au Nicaragua.
      Le don de smartphone est sur base volontaire et n’oblige personne. Selon notre point de vue, il est mieux de le donner que de jeter.
      Meilleures salutations, pour la rédaction, Tanja Kammermann

Lisez maintenant