Lâchez le smartphone!
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Lâchez le smartphone!

Swisscom distribue des fleurs

Pour que vous vous sentiez à l’aise dans le monde numérique, Swisscom s’engage pour la promotion d’un usage sûr et raisonnable des nouveaux médias. D’ici à 2020, un million de personnes auront bénéficié des initiatives de sensibilisation de Swisscom dans ce domaine.> En savoir plus

Mario Wittenwiler (texte), 15 février 2018

Même à Noël, ce besoin semblait irrépressible: au lieu de jouir avec ses proches du moment présent à côté du sapin joliment décoré, plusieurs convives pianotaient discrètement sur leur téléphone mobile en-dessous de la table. Une bonne résolution pour la nouvelle année pourrait être de modérer son utilisation du smartphone et de veiller à ce qu’elle ne se transforme pas en addiction.

Les chiffres sont impressionnants: près d’un tiers de la population mondiale possède un smartphone – en Suisse, ce sont même 78 pour cent des habitants. 98 pour cent des jeunes suisses ont leur propre appareil. D’après l’Etude JAMESfocus, 8.5 pour cent d’entre eux présentent un risque d’addiction au mobile. Dans les pays limitrophes, ce taux est nettement inférieur, mais cette différence pourrait être due à des critères de mesure distincts. Swisscom mène périodiquement cette étude sur l’utilisation des médias numériques par les jeunes Suisses en collaboration avec le département de psychologie de la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW). Le projet est dirigé par Daniel Süss et Gregor Waller, qui collaborent avec la psychothérapeute et psychologue des médias Isabel Willemse.

8.5 pour cent des jeunes ont un comportement en ligne présentant des risques. Source: Etude JAMESfocus.

«Slow movement» et désintoxication numérique

Les êtres humains ont une aversion née contre l’oisiveté et l’ennui. Pour quelle raison au juste? Cela est probablement dû au fait que nos lointains ancêtres étaient des chasseurs ou vivaient de la cueillette: ceux qui passaient la journées assis à ne rien faire risquaient la famine. Aujourd’hui on ne doit plus chasser pour pouvoir manger, mais on s’achète la nourriture au magasin. On peut même se faire livrer ses commissions par un drone, sans devoir quitter son domicile. S’il y a quelque chose que nous semblons avoir désappris à notre époque, c’est de savoir attendre: c’est la raison pour laquelle tant de gens s’emparent de leur smartphone au restaurant, dans le train ou même lors d’une réunion ou à table lors d’un repas. Ce comportement est non seulement impoli, mais probablement aussi malsain. Et le risque de se disperser est très grand.

Quels sont les médias les plus populaires chez les jeunes? Le smartphone se trouve en première place. Source: Etude JAMESFocus

Le courant Slow Movement cherche à renouer avec un style de vie où nous nous focalisons sur une activité à la fois («monotasking»). Ce type de valeurs n’est plus seulement l’apanage des retraites de yoga, mais est en train de s’établir dans des entreprises technologiques telles que Google ou SAP, qui recommandent des cours de méditation ou des séminaires de «mindfullness» (conscience) à leurs employés. «La pratique de la pleine conscience a des ressemblances avec le courant ‹slow movement›. En apprenant à utiliser consciemment son énergie, on arrive mieux à gérer le stress», déclare Isabel Willemse. «Concrètement, cela signifie que pendant une journée offline, on refocalise son attention sur soi-même et s’accorde des moments d’inactivité au cours desquels on peut découvrir des choses dont on n’aurait pas eu conscience dans des circonstances normales.» De telles expériences pourraient nous aider à faire un emploi plus ciblé du smartphone et à apprécier de façon plus consciente les moments passés en ligne. Dans la Chronique de l’expert en savoir-vivre Jeroen van Roojien, vous trouverez d’autres conseils pour votre désintoxication numérique.

«Renoncez de temps en temps une journée entière à Internet.»Isabel Willemse, psychologue des médias et psychothérapeute

Comportement asocial ou déjà drogué?

L’obsession du smartphone est-elle simplement un comportement asocial ou présente-t-elle un risque pour la santé? Isabel Willemse: «De manière simplifiée, on peut dire qu’on est confronté à un problème d’addiction à partir du moment où l’école ou le travail ainsi que la famille ou les amis sont négligés au profit du temps passé avec le smartphone.» Les personnes qui réussissent à passer de temps en temps un jour sans internet sont nettement moins exposées au risque de dépendance à cette technologie.

«Pour y arriver, nombreux sont ceux qui ont besoin d’une personne de contrôle externe à laquelle ils peuvent remettre leur dispositif. Par ailleurs, il est utile de bien préparer ces moments de jeûne numérique en informant son entourage et en réunissant à l’avance toutes les informations que l’on se procure normalement via internet – comme par exemple les horaires et les itinéraires», recommande la psychologue des médias.

Mais comment peut-on résister à l’appel irrépressible de jeter un œil sur son smartphone? «On devrait se poser la question de savoir pourquoi on éprouve une telle pulsion, quels sont les besoins que l’on cherche à satisfaire par ce biais et s’il existe d’autres moyens d’y parvenir», poursuit Isabel Willemse. Comme autre mesure concrète, elle conseille de désactiver ou de réduire au minimum les notifications Push et celles des messageries. «On a aussi la possibilité de commuter le téléphone en mode silence et de le ranger hors de portée de vue ou avec l’écran face à la table», explique l’experte. Une tendance actuelle pour réduire l’attrait du smartphone et de ses multiples apps colorées et de passer à un écran en noir et blanc.

FOMO, ça vous dit quelque chose?

A l’approche de Nouvel An, la peur de ne pas encore avoir de bons plans pour la dernière nuit de l’année est un phénomène courant. Auquel s’ajoute l’inquiétude de rater si on n’est pas en ligne l’invitation à une fantastique petite fête lancée par un ami sur Facebook. Ce phénomène porte le nom de FOMO (Fear Of Missing Out), c’est-à-dire la peur de manquer quelque chose. Faut-il résister à FOMO ou se laisser entraîner par le courant? Isabel Willemse recommande de fixer des priorités: «Quelles sont les informations dont j’ai urgemment besoin? Où est-ce que je les obtiens? On a parfois besoin d’une phase d’abstinence pour réaliser ce qu’on gagne à ne pas laisser passer n’importe quelle information sans filtre.» Le fait que se soit déjà tenu à Zurich en novembre 2015 la première conférence consacrée au jeûne numérique montre bien que la conscience relative à cette problématique grandit.

Risque de dépendance au smartphone ou à l’internet? Les site suivants ont réponse à vos questions: safezone.ch, cybersmart.ch, addictionsuisse.ch

Un gadget contre la dépendance aux gadgets?

Le premier geste de la journée pour la plupart d’entre nous est d’empoigner notre smartphone. Nous pourrions pourtant de nouveau utiliser un simple réveil et bannir le mobile de la chambre à coucher, ce qui élimine en plus une source de rayonnement.

Une solution élégante pour tous ceux exposés au risque d’addiction est le téléphone mobile MP01 du fabricant suisse «Punkt». Avec ce dispositif aux lignes très pures vous pouvez seulement passer des appels et envoyer et recevoir des SMS. Pas d’internet, aucune app, zéro e-mail: cet appareil est en quelque sorte un «dumbphone» pour ceux qui sont malins et savent préserver leur paix.

La technologie se met parfois au service de la désintoxication numérique: l’app gratuite Offtime comptabilise le temps que l’on passe en ligne avec son smartphone. Sur la base de ces informations, on peut adapter son comportement en conséquence.

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