Pourquoi acheter quand on peut partager?
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Pourquoi acheter quand on peut partager?

Entraide de voisinage

Swisscom aussi mise sur l’économie collaborative et le crowd sourcing: qui a besoin d’aide en rapport avec les thèmes de la téléphonie, d’internet ou de la TV peut s’adresser à la communautéSwisscom-Friends.

Thomas Robinson (texte), Jürg Waldmeier (photos), 16 mars 2016

Alors qu’autrefois je m’achetais encore un CD entier, même si c’était surtout une chanson qui me plaisait, aujourd’hui je peux télécharger individuellement mon morceau préféré grâce à la technique numérique. L’accès à des fragments individuels de contenus plus vastes est possible à n’importe quel moment sur internet.

Ce qui fonctionne déjà parfaitement dans l’univers virtuel est en train de s’établir dans le monde réel. Au lieu de louer un bureau à Zurich à long terme, je peux désormais réserver une salle pour quelques heures. Je peux aussi m’épargner l’acquisition et l’entretien d’un bateau puisqu’il m’est possible d’en louer un pour l’intervalle d’une croisière. Pourquoi alors encore tout vouloir posséder quand il est si facile de partager? 

 

Un jour sans grandes marques  

Le nombre de gens qui proposent leurs services, des travaux d’entretien aux repas en commun en passant par la location d’un appartement, augmente de jour en jour. Parallèlement, de plus en plus de gens cherchent des alternatives à l’achat classique de services. C’est pourquoi les plateformes permettant de remplir ces nouveaux besoins se multiplient comme des champignons. Il en va de même en Suisse comme le démontre la journée type suivante: au lieu de posséder ma propre voiture, j’en emprunte une via le service de partage Sharoo et me rends à ma première réunion à Zurich. Grâce à Parku, j’ai déjà loué une place de stationnement privée.

«Nous décidons ainsi de manger libanais dans une famille libanaise, que nous avons trouvée sur Cookeat.»Thomas Robinson, responsable User Trends & Insights chez Swisscom

Après la réunion, je dois aller à Lausanne. Aucun problème, je peux tout simplement laisser la voiture à Zurich et prendre le train. Comme j’ai encore un peu de temps à Lausanne avant mon rendez-vous, je loue un espace de travail pour deux heures sur InstantOffices. J’en profite pour consulter l’avancement de mon projet préféré, le Museum of Digital Art à Zurich. Son financement est en cours par crowdfunding sur Kickstarter.
  

Le soir venu, de retour à la maison, je n’ai plus l’énergie de préparer le repas pour la famille. Nous décidons ainsi de manger libanais dans une famille libanaise, que nous avons trouvée sur Cookeat. Voilà donc une journée entière presque sans aucun contact avec de grandes marques.

Nouveaux modèles commerciaux

Pour ne pas manquer le coche, les entreprises doivent réfléchir au rôle qu’elles entendent jouer à l’avenir et comment elles comptent s’impliquer dans l’économie collaborative. Swisscom s’est lancée dans l’aventure avec la mise en place d’une plateforme de crowdfunding permettant à de petites entreprises de démarrer rapidement leurs propres campagnes de crowdfunding sans frais d’infrastructure et de logiciels.

Peu importe comment on aborde le sujet, il s’agit avant tout de répondre aux besoins de la communauté des internautes, que ce soit au niveau de l’efficience, du confort ou de la durabilité. Toutes les entreprises ont des ressources inexploitées, des bureaux ou des surfaces de vente qui ne sont pas utilisées tous les jours et sont disponibles en fin de semaine. Pourquoi ne pas envisager une affectation supplémentaire pour ces espaces afin qu’ils soient exploités le reste du temps?

Une telle optimisation des ressources serait par exemple aussi possible si notre commune s’unissait avec la commune voisine pour partager la balayeuse. En effet, aujourd’hui les deux communes ont chacune leur propre machine qu’elles utilisent seulement quelques jours par mois. Le potentiel d’économie serait énorme!

«Pour ne pas manquer le coche, les entreprises doivent réfléchir au rôle qu’elles entendent jouer dans l’économie collaborative.»Thomas Robinson, responsable User Trends & Insights chez Swisscom

Il faut aussi regarder dans quels domaines de notre vie privée nous pouvons passer d’une logique de propriété à celle du partage. Deux exemples sont Netflix et BMW Drive Now. A partir de telles idées peuvent se mettre en place des marchés en ligne peer-to-peer. Très souvent, un service en appelle un autre. On réserve d’abord une salle, puis on a besoin d’une place de stationnement, puis d’un repas et enfin, on se dit que ce serait bien si quelqu’un pouvait nettoyer la voiture pendant la réunion. Tous ces services sont offerts sur des plateformes en lignes.

Nous ne nous trouvons qu’au début de cette évolution et le passage à une société du partage entraîne aussi des changements culturels. Notre relation à la propriété et au statut social qu’elle confère est déjà en train d’être mise en question. Ce qui reste toutefois constant, c’est la valeur de la confiance. Si les marques veulent défendre leur rôle et leur capital confiance dans cette nouvelle économie, elle devront proposer de nouveaux modèles commerciaux s’inspirant de l’esprit collaboratif.

Au sujet de l’auteur:

Thomas Robinson est responsable User Trends & Insights chez Swisscom.

 

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