L’internet des objets est une réalité
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L’internet des objets est une réalité

Dans l’internet des objets, les machines sont interconnectées et communiquent sans l’intervention de l’être humain. De telles applications sont disponibles de nos jours déjà et ne cesseront de prendre de l’ampleur à l’avenir. La technologie est censée faciliter notre vie, mais elle occupera aussi les responsables de la protection des données.

Conntected Devices, Internet des objets, Internet of Things (IoT) ou M2M (Machine to Machine) sont autant de termes pour désigner un seul et même concept: les machines et les objets sont interconnectés sans l’intervention d’un être humain. Ces machines échangent des milliers d’informations et réagissent en fonction des instructions qu’on leur donne: si tu obtiens telle information, exécute telle commande. Pour l’instant, ce sont encore les humains qui donnent ces instructions. Mais les scientifiques s’attellent déjà à la création de machines qui apprennent seules et savent s’adapter en fonction de la situation.La pelleteuse en Sibérie se manifeste si le froid ne lui convient pas. Le muesli déclenche l’alarme lorsque l’acheteur y est allergique. La lumière de la place de stationnement est verte si elle est libre. L’internet des objets est le nom de la technologie qui va «révolutionner» notre vie ces prochaines années – ses adeptes emploieront plutôt le terme «faciliter» et ses détracteurs celui de «mettre sous tutelle».

D’ici cinq ans, ce ne seront pas moins de 50 milliards d’appareils qui dans le monde seront reliés à l’internet des objets.

Pour qu’un réseau IoT puisse exister, il faut que les machines qui y sont reliées puissent communiquer entre elles, donc qu’elles soient connectées à internet. Pour ce faire, elles doivent disposer d’une carte SIM, comme celle qui se trouve dans les téléphones portables. Aujourd’hui déjà, quelque 10 milliards d’appareils sont équipés de la sorte. Mais ce n’est qu’un début: on estime que, d’ici cinq ans, ce ne seront pas moins de 50 milliards d’appareils qui dans le monde seront reliés à l’internet des objets.

Le tonneau de bière autonome

Mais, finalement, à quoi nous sert cet internet des objets? A ce jour, de nombreux projets ont déjà été réalisés en Suisse. Prenons l’exemple de la bière: un aliment de base pour les hommes. Si elle venait à manquer, ils auraient le moral dans les chaussettes. C’est pourquoi Feldschlösschen a trouvé une solution à ce problème: elle propose, en collaboration avec Swisscom, un tonneau de bière autonome qui déclenche lui-même son réapprovisionnement. Des capteurs intégrés enregistrent à la fois le taux de remplissage du tonneau et la quantité consommée. Lorsque le seuil critique est atteint, le tonneau commande automatiquement une recharge chez le fournisseur.

Tandis que les clients apprécient le panorma et une bière bien fraîche…
… le tonneau de bière autonome s’occupe lui-même du réapprovisionnement.

Plus sérieusement (même si les buveurs de bière ne prennent pas leur passe-temps à la légère), il existe aussi des montres pour les personnes atteintes de démence, qui donnent l’alerte dès que celles-ci s’éloignent d’un certain rayon. Les proches ou les voisins sont alors prévenus automatiquement et peuvent lui porter assistance. La technologie IoT dans l’automobile est encore plus perfectionnée. Aujourd’hui déjà, des capteurs sont capables d’identifier un crash et de déclencher l’alarme tout en transmettant les coordonnées exactes du lieu de l’accident. Les voitures sans chauffeur, projet sur lequel travaillent de nombreux acteurs – comme Google, Amazon ou Swisscom – iront encore plus loin: elles communiqueront en permanence les unes avec les autres, avec des systèmes de régulation du trafic et avec les transports publics.

Maintenant déjà, au château de Lenzbourg, des places de parc interconnectées indiquent la voie aux automobilistes. Les capteurs détectent les places occupées et indiquent sur le tableau d’affichage du parking de l’école professionnelle, en temps réel, combien de places sont encore libres. Cela évite les allers-retours inutiles vers les 84 places de stationnement entourant le château. Swisscom et la ville de Lenzbourg ont lancé ensemble ce projet-pilote.

Service de dépannage et prévention

C’est toujours rageant lorsque les appareils tombent en panne au mauvais moment. Voire dangereux. L’un des rôles importants de l’IoT est la surveillance des machines. Si, par exemple, l’un des tricycles électriques utilisés par les facteurs reste en panne sur la route, il devra être remorqué à grands frais. C’est pour cela que des capteurs surveillent l’état du véhicule. Lorsqu’une panne se profile – pour les véhicules, cela se passe presque comme pour les humains: d’abord on tousse, puis la grippe s’installe – le véhicule communique qu’il ne se sent pas très bien. Suite à cela, il est automatiquement envoyé en révision.

Les voitures sans chauffeur communiqueront en permanence les unes avec les autres, avec des systèmes de régulation du trafic et avec les transports publics.

Les techniciens peuvent alors consulter le rapport en ligne et savent tout de suite d’où vient le mal. Grâce à internet, cela fonctionne indépendamment de la distance. C’est ainsi que le constructeur de machines de chantier Liebherr surveille ses imposants engins en service partout dans le monde à l’aide de capteurs – et ceci de manière centralisée, à partir d’un bureau bien chauffé. Une pelleteuse connectée peut donc signaliser depuis la Sibérie que les températures glaciales lui donnent du fil à retordre. Bien sûr, pour le moment, un technicien devra encore mettre une veste chaude et se rendre à pied jusqu’à l’engin pour effectuer la réparation. Mais grâce aux informations dont il dispose sur l’état de la machine, il pourra emporter les pièces de rechange correctes avec lui.

Fiction seulement ou bientôt déjà réalité? La série TV «Minority Report» approfondit les thèmes du film du même nom.

L’internet des objets en est encore à ses premiers balbutiements. A l’avenir, les aliments signaleront automatiquement si un acheteur est allergique à l’un des ingrédients. Les perfusions compareront automatiquement la dose de médicament avec le dossier médical et, dans les vitrines, apparaîtront des publicités personnalisées.

Jusqu’où peut-on faire confiance aux opérateurs ? Quel est le degré de transparence des données utilisées? Quel contrôle garderons-nous sur l’utilisation de nos données personnelles?

Le film «Minority Report» est un clin d’œil à ces nouvelles technologies de l’information, qui ne manqueront pas d’ocuper les responsables de la protection des données. Car pour que ces nouvelles possibilités se concrétisent, nous autres consommateurs, citoyens et patients, devrons donner notre assentiment. Nos téléphones portables deviendront alors bien plus qu’une plateforme de communication, ils constitueront la véritable plaque tournante de notre vie quotidienne. Se posent alors les questions suivantes: Jusqu’où peut-on faire confiance aux opérateurs ? Quel est le degré de transparence des données utilisées ? Quel contrôle garderons-nous sur l’utilisation de nos données personnelles?

Toutes ces questions nous préoccuperont de plus en plus, car l’internet des objets n’est pas qu’une musique d’avenir. Il est déjà une réalité et nous facilite souvent la vie. Pour le moment – et en tout cas dans un avenir proche – c’est encore nous les humains, et non les machines, qui déciderons jusqu’où nous sommes disposés à aller.

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Le frigo est vide et il commande automatiquement des pizzas. Et vous, quelles applications attendez-vous de l’internet des objets?

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